angioscanner EPLe diagnostic d'embolie pulmonaire reste l'un des plus difficile pour le médecin urgentiste. Malgré l'apparition de nouveau tests biologiques comme les DDimères dans les années 1990 et la généralisation de scores de probabilité clinique standardisés comme le score de Wells ou de Genève, aucun examen n'est suffisamment sensible et spécifique pour éliminer ou poser à lui seul de diagnostic d'EP. Le raisonnement clinique doit donc suivre une démarche systématique et rigoureuse afin de ne pas passer "à côté" du diagnostic, et ce d'autant plus que la prévalence de la maladie diminue fortement dans les pays dits développés.
Reste qu'en suivant cette démarche, on arrive à limiter les indications de l'angioscanner thoracique. Ainsi dans près d'un cas sur deux, les patients à risque faible ou intermédiaire pourront se passer de l'angioscanner grâce à un dosage de DDimère inférieur au seuil de positivité. Des études plus récentes ont montré, qu'après 50 ans, un seuil adapté à l'âge du patient (âge X 10) permettait d'éliminer le diagnostic d'EP chez 30% de ces patients.

Nous vous proposons ici un diaporama du Dr Grégoire Le Gal rappelant cette démarche diagnostic assez exemplaire: Embolie Pulmonaire

Pour terminer, voici 2 ECG de patientes présentant une embolie pulmonaire. Notez la présence d'un bloc de branche droit et d'un aspect SI QIII sur les 2 tracés, deux signes électriques non spécifiques mais assez évocateurs dans ce contexte.

  1. La première est une femme de 68 ans admise pour dyspnée évoluant depuis 8 jours en s'aggravant avec persistance d'une fièvre à 38° malgré un traitement antibiotique. L'angioscanner montrera une EP bilatérale massive.ECG EP bilatérale massive
  2. La deuxième est une femme de 35 ans, fumeuse sous pilule, admise pour douleur thoracique droite brutale dans la soirée. A noter l'absence de tachycardie avec FC 70/min. L'angioscanner montrera une EP segmentaire et sous-segmentaire bilatérale.ECG EP bilatréale